Session mémoire – Interview du champion de France de mémoire

Sébastien Martinez est champion de France de mémoire et formateur en mémorisation. Mais ses capacités ne sont pas innées. Cet athlète de la mémoire ne souffre pas d’hypermnésie, il s’est entraîné pour développer ce talent.
Il nous fait le privilège de présenter, en co-animation avec Bernard Croisile, un atelier lors de la session mémoire des 21es Rencontres de Neurologies.

 

Quels sujets aborderez-vous durant votre intervention ?

Sébastien Martinez : Nous allons parler du processus de mémorisation. Selon moi, il y a trois étapes clés pour bien mémoriser : être attentif, associer et ancrer.
La dernière étape, l’ancrage, consiste à répéter. Soit par répétition passive : rêver, dormir, soit par répétition active : de manière concrète.

Je vais positionner le public en tant qu’émetteur d’information et en tant que récepteur. En effet, le processus de mémorisation fonctionne à la fois quand vous donnez un message et quand vous souhaitez en ingurgiter un. À chacune des trois étapes, des astuces existent pour mieux mémoriser.

 

Vous souhaitez donc faire participer le public ?

SM : Oui. Plus qu’une conférence, ce sera presque un atelier. Je vais leur faire vivre des expériences de mémorisation et leur montrer que cela marche aussi pour eux. En apprenant une liste par exemple, ils pourront la réciter à l’endroit, à l’envers, en partant du milieu, les yeux fermés…

 

Les neurologues apprendront-ils de nouveaux éléments sur la mémoire ?

SM : Certains apprendront, d’autres comprendront pourquoi ils arrivent à mémoriser à un moment donné, ainsi que les méthodes qu’ils utilisent sans s’en rendre compte.
Par exemple, il y a souvent une prise de conscience lors de la deuxième étape, l’association. Parfois, en école de médecine, les étudiants, pour apprendre, se racontent des histoires, la plupart du temps improbables, et n’osent d’ailleurs pas les raconter, car elles ne sont pas rationnelles.
Ce n’est pas une « bonne » technique, mais une étape du processus. Un exercice structurant sera fait durant la conférence sur cette partie de l’association, car elle est souvent oubliée.

 

Allez-vous adapter votre discours à ce public de neurologues ?

SM : Je ne vais pas l’adapter dans le sens neurologie, car je ne suis pas neurologue, mais il sera adapté au niveau pédagogique.
Je vais dérouler ma conférence, et Bernard Croisile, lorsqu’il y verra des connexions, créera des passerelles, des liens. Il rebondira avec sa vision de neurologue.
Ce sera une co-animation.

 

Est-ce intéressant pour vous, de vous adresser à un public composé de neurologues ?

SM : Oui très intéressant. Déjà en termes de recherche et développement, d’avoir une vision complémentaire sur la partie physiologique, les avancées qu’ils font. Mais également de les ouvrir sur des stratégies, en général inconnues, leur montrer que des méthodes empiriques fonctionnent. Peut-être certains médecins, orthophonistes ou autres professionnels de santé pourront adapter le message pour leurs patients.

 

De manière générale, avez-vous des rapports avec les neurologues ?

SM : Pas suffisamment à mon goût, seulement quelques discussions. Ce congrès est une occasion de créer potentiellement des liens. Il y a forcément des synergies, c’est une évidence. On me pose souvent la question : « Est-ce que vos techniques de mémorisation peuvent aider au niveau des maladies neurologiques ? » À vrai dire, je ne sais pas. Je travaille avec des personnes en recherche de performance, j’imagine qu’il pourrait y avoir des connexions. Souvent, des adultes de plus de 50 ans disent avoir des problèmes de mémoire, mais il s’agit plus d’une plainte mnésique, connue des professionnels de santé. Ce n’est pas pathologique.

 

Comment aidez-vous les personnes qui assistent à vos formations ?

SM : Pour réussir tout apprentissage, il faut une méthode. C’est notre plus-value avec l’équipe. Nous offrons des stratégies à chaque problème : retenir du vocabulaire, une liste, apprendre un cours, de l’anatomie, etc. Lorsque nous connaissons les étapes, nous sommes tous des génies, hors pathologie.
Notre ambition est d’accompagner les apprenants à réussir leurs objectifs, en transmettant des techniques de mémorisation de manière plus globale : comment apprendre à apprendre.

 

Coordinateur : Dr Bernard Croisile (Lyon)
Mardi 17 décembre • 14h00 – 17h30 • Salle 3
14h00-15h30 : Sébastien Martinez, champion de France de mémoire
16h00-17h30 : Cas cliniques, Dr Bernard Croisile